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Bioéthique - Nlle lect

Comme je suis la dernière oratrice, les collègues font pression pour que je sois brève. Je veux dire un petit mot personnel à l’ensemble des collègues qui ont participé à la commission spéciale et aux séances et qui, depuis les premières auditions jusqu’à aujourd’hui, ont fourni un gros travail de réflexion. J’ai eu parfois de gros désaccords avec certains d’entre vous, mais j’ai beaucoup appris. J’ai eu beaucoup de doutes et mon opinion a évolué au cours de ces deux années, ce qui est arrivé rarement lors de l’examen d’autres textes. C’est plutôt agréable.

Plutôt trois fois qu’une, le groupe GDR votera pour ce projet de loi. J’appelle l’attention du secrétaire d’État : le ministre de la santé s’est engagé à ce que les textes d’application soient rapidement pris, afin de rendre la loi effective au plus vite. J’espère que ce sera bel et bien le cas.

Les dispositions de l’article 1er – je pourrais évoquer d’autres articles – étaient attendues depuis très longtemps, des personnes se sont battues de nombreuses années. Je veux les saluer et je me sens fière pour eux, déterminée à voter ce texte et heureuse pour les femmes qui, à l’avenir, pourront pratiquer ces AMP en toute sécurité. Le regard de la société est désormais de leur côté : elles sont en droit de faire famille de la manière dont elles le souhaitent. Nos débats ont montré combien la construction de la famille est un fait social et combien les individus qui composent la société font famille de différente manière. Tel est le cas des couples homosexuels, des femmes seules, des couples hétérosexuels qui ont déjà fait grandement évoluer la famille. À chaque fois, la loi a su accompagner ces choix et ces parcours.

J’ai évidemment des regrets – je les ai formulés lors de la discussion générale. Je déplore que la question de la fin de vie n’ait pas été abordée lors de l’examen du projet de loi : nous débattrons à nouveau de ce sujet très prochainement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et Dem.) Nous devons aussi être très vigilants sur la question de la marchandisation du corps.

À tous les collègues qui voteront favorablement ce texte – j’espère que nous serons les plus nombreux et nombreuses possibles –, je veux dire que, sur les questions relatives à l’AMP, les droits nouveaux que nous attribuons devront être suivis de moyens, afin de bien accompagner les parcours. À l’image de beaucoup d’hommes et de femmes, j’ai tenté et suivi ce parcours qui rend la vie heureuse. Or, dans la santé publique, il est trop long et compliqué. Bien des hommes et des femmes qui en ont les moyens vont dans le privé, ce qui crée de nouvelles inégalités. Il faut permettre à tous les couples et aux femmes seules faisant ce choix qui, j’espère, sera le plus heureux et le plus rapide possible, de le faire, si possible, gratuitement et dans les meilleures conditions envisageables. Plutôt trois fois qu’une, je le répète, je suis pour ce texte et heureuse qu’il arrive enfin. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI, et sur plusieurs bancs des groupes LaREM, Dem, Agir ens et SOC.)

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Elsa
Faucillon

Députée des Hauts-de-Seine (1ère circonscription)

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