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Débat sur le plan gouvernemental en faveur de la jeunesse

Madame la ministre, je dois vous avouer que la question que j’avais prévu de poser s’adressait à Jean-Michel Blanquer, car je cherche une réponse sur le plafonnement des ressources en AESH – accompagnants des élèves en situation de handicap – dans mon département, que je n’arrive pas à obtenir. Mais, puisque vous êtes là, c’est à vous que je vais m’adresser en prolongeant les questionnements de mes collègues.

De nombreux jeunes se trouvent dans la difficulté. Bien qu’ils soient parmi les premières victimes de l’augmentation de la pauvreté, ils sont nombreux à rester hors des radars de l’aide sociale. Les situations d’urgence se multiplient, mais il faudra également répondre à cette question dans la durée. Je veux à mon tour pointer la situation des étudiants, qui mériterait d’être regardée de beaucoup plus près. J’ajoute que la période que nous vivons ne doit pas nous pousser à relâcher l’effort nécessaire de développement de l’accès aux formations qualifiantes.

La garantie jeunes peut être un bon dispositif d’accompagnement, mais comment faut-il interpréter la baisse de 7 % du nombre de ses bénéficiaires l’année passée ? Ne faudrait-il pas desserrer les critères de son attribution ? J’aimerais également savoir quels objectifs ont été fixés pour l’année qui vient, afin de mobiliser la garantie jeunes en fonction des besoins. Enfin, il y a le sujet de l’ARPE – aide à la recherche du premier emploi –, qui, avant sa suppression en 2019, touchait un autre public que celui de la garantie jeunes. Ne faudrait-il pas reconsidérer cette suppression ?

Madame la ministre, quel sort comptez-vous réserver aux propositions issues du rapport de la deuxième commission d’enquête pour mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse, dont certaines pourraient être reprises avec profit ? (M. Hubert Wulfranc applaudit.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Élisabeth Borne, ministre. Au nom de Jean-Michel Blanquer, je tiens à vous redire que la scolarisation de tous les élèves en situation de handicap est une priorité du quinquennat, réaffirmée par le Président de la République lors de la conférence nationale du handicap, le 11 février 2020. D’importantes avancées ont été réalisées depuis 2017 : l’école accueille désormais plus de 385 000 élèves en situation de handicap, soit 6,6 % de plus à la rentrée 2020 qu’à la rentrée 2019. Nous avons obtenu ces résultats en mobilisant des moyens exceptionnels : 3 milliards d’euros ont été consacrés à l’école inclusive depuis 2017, ce qui représente un effort sans précédent.

Dans le contexte actuel, le protocole sanitaire prend en compte les besoins des élèves en situation de handicap pour permettre à chaque enfant de bénéficier, dans le respect des règles qui s’imposent à tous, des apprentissages auxquels il a droit. Notre engagement s’est poursuivi à la rentrée 2020 avec des moyens nouveaux : nous avons ainsi créé 8 000 emplois d’accompagnement au premier semestre. Pour faciliter l’organisation du travail des AESH, nous avons renforcé le taux de couverture des pôles inclusifs d’accompagnement localisés, avec l’objectif de couvrir deux tiers des écoles et des établissements scolaires ; en 2021, nous visons une couverture complète, ainsi que le renforcement de ces pôles par des dispositifs médico-sociaux. En parallèle, nous augmentons significativement le nombre d’unités localisées pour l’inclusion scolaire – ULIS –, avec l’ouverture de 350 nouvelles unités.

J’ai déjà indiqué que nous voulions passer de 100 000 garanties jeunes en 2020 à 200 000 en 2021, ce qui suppose de réfléchir aux critères d’attribution du dispositif, dans lequel nous devons faire entrer ceux qui rencontrent le plus de difficultés. C’est un travail que nous allons engager avec les missions locales et en partenariat avec les associations qui accompagnent les jeunes les plus en difficulté. Nous devrons aussi revoir les critères selon lesquels nous apprécions le travail des missions locales. En effet, à ce jour, l’entrée en formation n’est pas considérée comme une sortie positive de la garanties jeunes, or je pense qu’elle est très positive quand elle aboutit à les doter de compétences qui leur permettent d’accéder à l’emploi. Nous menons ce travail avec les missions locales, qui sont très mobilisées sur le sujet.

Enfin, pour terminer sur l’accompagnement des jeunes, je signale, puisque vous avez mentionné l’ARPE, que nous avons mis en place une aide exceptionnelle pour les anciens boursiers désormais jeunes diplômés demandeurs d’emploi. Cette aide peut aller jusqu’à 500 euros, en prenant en compte les 100 euros qui peuvent être attribués aux jeunes vivant dans un logement autonome.

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Pierre
Dharreville

Député des Bouches-du-Rhône (13ème circonscription)

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