Spatial : vers un décrochage de la France et de l’Europe ?
Publié le 25 mars 2026Je trouve la métaphore de l’alignement de planètes bienvenue lorsqu’on parle de spatial !
M. le président
Tant que vous n’êtes pas dans la Lune ! (Sourires.)
En ce qui me concerne, je garde les pieds sur terre, mais la tête dans l’espace, j’aime bien ! (Sourires.)
J’aborderai plusieurs points.
L’orbite basse est l’une des plus fragiles et l’une des plus sensibles, et nombreux sont les satellites qui y circulent. Les normes que nous avions soutenues pour le retour des satellites se sont révélées handicapantes parce que coûteuses à mettre en œuvre. En face, l’un de nos concurrents considère l’espace à peu près comme un far west : aux États-Unis, on pense que l’absence de normes, c’est mieux parce que cela favorise la recherche et l’innovation. Qu’en pensez-vous ? Les choses évoluent-elles dans le bon sens ?
D’autre part, nous sommes champions d’Europe en matière de spatial mais tous les États membres ne jouent pas le même match ! Il n’y a en vérité que l’Italie, l’Allemagne et la France. Nous disposons de talents, même si nous ne savons pas toujours les garder, et de start-up, même si l’une d’elles, installée à Marseille, vient de déménager à Munich – ce qui est regrettable. Le retour géographique exigé par l’Union européenne pour les investissements auxquels elle consent est donc problématique. Dans la mesure où seuls trois pays sont ultraperformants, ce retour géographique ne constitue-t-il pas une absurdité dans le domaine spatial ? La dissémination des investissements sur l’ensemble du territoire européen risque au contraire de poser un problème.
Où en sommes-nous sur ce point ? Le gouvernement vous a-t-il accompagné en promouvant une forme d’exception spatiale, comme on a mis en avant une exception culturelle ? Selon vous, serait-il légitime de défendre une telle idée ?