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Questions sur le rôle des banques et des assurances dans la crise du Covid-19

Monsieur le ministre, il est bien naturel que, dans un débat sur la responsabilité des banques et des assurances dans le cadre de la crise du covid-19, nous soyons plusieurs à vous interroger sur les conséquences que cette pandémie aura sur les ménages les plus fragiles et les plus pauvres.

En ce moment, le débat politique et médiatique se focalise beaucoup sur l’utilisation de l’épargne accumulée durant cette période, mais cette épargne se concentre en grande majorité sur les 10 % des Français les plus aisés. Pour 20 % des ménages les plus modestes, cette crise s’est traduite par un endettement supplémentaire avec un redoutable effet de ciseau entre la baisse des revenus et les charges fixes – loyers, différents abonnements – qui, elles, se maintiennent. Tout cela a engendré un effet d’aubaine pour les banques puisque les frais bancaires se sont accumulés.

Ces frais ne sont pas transparents puisque les banques ne sont pas obligées de rendre compte à Bercy des conditions dans lesquelles elles appliquent des pénalités sur les ménages en difficulté. Pour autant, cela représente un pactole pour les banques puisque les pénalités cumulées atteignent quelque 6,5 milliards d’euros. On n’est loin de l’épaisseur du trait : ce sont des sommes considérables. Il est insupportable, surtout en période de crise, alors que tout le monde devrait être solidaire, que les banques réalisent des profits sur le dos des ménages les plus pauvres.

Au risque de reprendre les questions précédentes, entendez-vous réglementer davantage le plafonnement des frais bancaires ? Comptez-vous vous opposer à la hausse de ces frais en 2021 telle qu’elle est envisagée par les banques, et ainsi adresser un message de soutien et de solidarité aux 20 % des ménages les plus modestes de notre pays ?

M. le président. La parole est à M. le ministre.

M. Bruno Le Maire, ministre. Là encore, des engagements ont été pris sur le plafonnement des frais bancaires et nous veillerons à ce qu’ils soient respectés par les banques.

Je partage votre propos sur l’épargne : c’est la stricte vérité. L’immense majorité des Français a en effet pu épargner. Mais les ménages les plus fragiles, les jeunes en situation de précarité, ceux qui ne peuvent pas être soutenus par leurs parents, qui ont peiné à trouver un stage, qui n’ont pas pu concilier leur travail d’étudiant avec un petit boulot, se retrouvent dans une situation très difficile. Nous voulons leur apporter des solutions. Le plan « 1 jeune 1 solution » est une première réponse. Les mesures de soutien et les subventions octroyées aux ménages modestes constituent une deuxième réponse. Nous continuons à travailler en faveur des étudiants – notre action en la matière n’est pas achevée. Il est très important, en sortie de crise, de veiller à apporter des réponses à chacun.

Il faut maintenant que l’épargne de ceux qui l’ont accumulée aille vers l’économie, vers les PME, et qu’elle participe au retour de la croissance et à la création d’emplois. J’aurai l’occasion d’y revenir. Quant à ceux qui ont désépargné, même si, je le répète, il n’y a pas eu de surendettement massif, il faut leur apporter un soutien et veiller au respect de l’engagement des banques.

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Stéphane
Peu

Député de Seine-Saint-Denis (2ème circonscription)

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