Interventions

Débat sur les moyens de remédier aux effets de l’épidémie ded covid-19 sur la jeunesse

La pandémie a séquestré les rêves, l’enthousiasme, la création, les folies, les rires, les pleurs et les retrouvailles de la jeunesse. Une génération subit de plein fouet les conséquences de la pandémie : perte d’emploi, précarité, vie sociale et culturelle réduite à néant, poids d’une dette contractée pour les années à venir.

Cette situation inédite génère de nombreuses difficultés dans le quotidien des jeunes, quel que soit leur âge. Depuis l’année dernière, tous ont vécu de fortes perturbations : fermeture des établissements pendant le premier confinement, cours en distanciel et école à la maison. La pandémie de covid-19 a fragilisé la scolarité de nombreux élèves et étudiants, et, plus largement, la vie de tous les jeunes.

La pandémie a plongé notre pays dans une crise profonde. Nous ne pouvons malheureusement que nous inquiéter des difficultés sociales, économiques et psychologiques qu’elle engendre. Le choc sanitaire fait exploser les inégalités sociales en provoquant des décrochages scolaires et universitaires ainsi que des fractures numériques. Il aura fallu s’adapter, se protéger, s’isoler et se réinventer.

Aujourd’hui plus que jamais, il faut remettre l’humain au coeur des préoccupations de la République.

La société est malade ; les maux sont multiples, mais les remèdes existent. Il faut penser et agir autrement, car la jeunesse attend autre chose de l’État : il faut gérer aujourd’hui en pensant aussi à demain. Des solutions existent, d’ailleurs : je vous invite vivement à prendre connaissance du rapport de ma collègue Marie-George Buffet, élaboré au nom de la commission d’enquête pour mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse. Cette génération est forte de propositions, malgré un contexte propice à la baisse du niveau de vie et à l’isolement. Les jeunes ne se découragent pas, ils se battent pour entrevoir des jours meilleurs. Mais, pour cela, il faut un revenu jeune ; pour dire stop à la précarité, pour obtenir une autonomie réelle et une valorisation, et, par là même, une reconnaissance.

Au-delà de ces premières mesures, il faut entreprendre la rénovation et la mise aux normes des cités universitaires ; instaurer un accompagnement pédagogique et psychologique en lien avec les collectivités locales ; organiser une réouverture progressive des facultés en lien avec une réelle stratégie vaccinale. La réalité témoigne de la légitimité de ces revendications quand on voit les files d’attente des collectes alimentaires qui ne cessent de s’allonger. À ce propos, permettez-moi de tirer un grand coup de chapeau aux associations qui s’engagent auprès des étudiants.

Les choix politiques sont cruciaux : la vie, la santé, le logement et la solidarité doivent être prioritaires. Les dispositifs instaurés pour la nouvelle génération sont insuffisants ; il faut des moyens exceptionnels, il faut croire en la jeunesse, en l’intelligence collective, en sa capacité de créer le monde d’aujourd’hui et celui de demain.

Madame la ministre, madame la secrétaire d’État, écoutez les étudiants, pas les influenceurs ! Depuis plusieurs semaines, des jeunes alertent sur les réseaux sociaux, leurs témoignages sont relayés par les médias, des courriers sont envoyés au Gouvernement : ils expriment une souffrance morale, physique et psychologique, le manque de perspectives d’avenir, le sentiment de se sentir inutiles. Des files entières se dressent pour recevoir l’aide alimentaire, mais vous n’écoutez pas, vous ne vous réinventez pas. Écoutez les étudiants, pas les influenceurs !

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Alain
Bruneel

Député du Nord (16ème circonscription)

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