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Evaluation et contrôle du Gouvernement

Débat sur l’hyper-concentration des dépenses du ministère de la culture en Ile-de-France : une fatalité ?

QUESTION AU MINISTRE

La concentration des moyens financiers à Paris notamment est un fait. L’affirmer ne met pas en cause la nécessité de disposer d’institutions nationales qui font effectivement un travail extrêmement précieux, que vous avez évoqué. Le problème réside plutôt dans le sous-financement de politiques publiques culturelles qui sont pourtant nécessaires sur l’ensemble du territoire national. Peut-être ce sous-financement se reflète-t-il dans la répartition des investissements privés dans le patrimoine. Je n’ai pas de chiffres pour établir leur degré de concentration, mais je me pose cette question. Peut-être les avez-vous, madame la ministre.

L’enseignement supérieur artistique est également concentré. En effet, de nombreuses institutions nationales existent à Paris et en Île-de-France. Ailleurs, par exemple à Marseille, ces institutions d’enseignement supérieur sont financées par la ville.

Bref, un rééquilibrage est nécessaire. Nous proposons non pas de diminuer les crédits mais au contraire d’augmenter le budget de la culture. Une grande part de l’activité culturelle et du service public de la culture repose actuellement sur les collectivités locales : or celles-ci font face à des équations financières de plus en plus insolubles, ce dont pâtit souvent la culture, qui est danger de disparition et de marchandisation accrue. De quelle façon envisagez-vous l’évolution du financement des activités culturelles par les collectivités ? Quelle vision en avez-vous ?

Enfin, je voudrais vous interroger sur la fonction de soutien des Drac, en particulier en ingénierie car, au-delà de l’argent, les collectivités territoriales et les particuliers ont besoin d’expertise : ils ont besoin d’avoir accès aux architectes, aux ingénieurs et aux techniciens spécialisés. Or leur nombre dans les Drac semble insuffisant eu égard à l’ampleur de la tâche. Est-ce un problème que le ministère aurait identifié et, le cas échéant, quelles mesures prévoyez-vous pour y remédier ?

M. le président

La parole est à Mme la ministre.

En fait, le budget de la culture a augmenté de 800 millions d’euros depuis 2017, donc on ne peut pas dire qu’il y ait un sous-financement.

Les nouveaux projets dont je vous ai donné de nombreux exemples sont situés dans les territoires et non à Paris. Le doublement du budget de l’éducation artistique est également dirigé vers les territoires. Il demeure que les grandes institutions à Paris ont besoin de travaux et doivent faire face à des coûts fixes qui augmentent automatiquement. Nous avons la responsabilité de ne pas les abandonner mais de les accompagner. En réalité, tous les nouveaux projets et les ambitions de la politique culturelle, notamment pour l’éducation artistique qui bénéficie du pass culture et du doublement des crédits de l’EAC, se déploient dans les différentes régions. Le budget le prouve.

En ce qui concerne les Drac et les architectes des bâtiments de France, le problème est plutôt de susciter des vocations que de créer des postes. Il n’y a aucune baisse d’effectif pour ces emplois. À l’occasion de mes visites dans les écoles d’architecture, par exemple, nous essayons de susciter des vocations chez les étudiants.

Par ailleurs, en ce qui concerne les financements privés dans le patrimoine, le Loto du patrimoine est un bon exemple de partenariat public-privé. Il n’a pas réduit l’engagement de l’État pour le patrimoine, bien au contraire : le budget du patrimoine pour 2023 dépasse 1 milliard d’euros. Cependant, cela permet de recueillir des dons et le financement apporté par la vente des tickets du Loto s’ajoute à l’aide du ministère de la culture pour sauver des sites en péril qui ne sont souvent ni inscrits ni classés et qui ne font pas partie des monuments historiques que l’État peut aider en temps normal. Le Loto permet de créer une adhésion des citoyens autour d’un chantier, par exemple dans le cadre de l’opération Une école, un chantier, que nous avons développée. Ce programme est donc beaucoup plus large qu’un don unique pour un chantier. C’est un exemple parmi d’autres de mobilisation des citoyens qui versent des dons pour compléter le financement de l’État.

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Pierre
Dharreville

Député des Bouches-du-Rhône (13ème circonscription)

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