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Règlement du budget et approbation des comptes de l’année 2020 - Lect déf

À l’image de cette session parlementaire qui touche à sa fin, ce projet de loi de règlement du budget et d’approbation des comptes de l’année 2020 nous revient enfin en lecture définitive. Tout a été dit, ou presque, sur ce texte. Cependant, l’exercice reste pertinent puisqu’il nous donne une tribune pour nous exprimer sur les mesures qui ont été votées et appliquées, sur ce qu’il y a eu de bon, mais aussi de moins bon.

Je commencerai par réaffirmer mon opposition, ainsi que celle de mon groupe, à la ligne portée par la majorité. Nous nous sommes déjà exprimés en défaveur du projet de loi de finances à l’époque, ainsi que des projets de loi de finances rectificative en 2020, et c’est sans surprise aucune que nous nous opposerons à ce projet de loi.

Comme nous avons pu le rappeler à plusieurs reprises, examiner un budget qui a été voté avant la crise de la covid-19, et qui a nécessité l’examen de quatre PLFR peut paraître lunaire. L’examen d’un tel projet semble aussi déconnecté de la réalité que les enjeux du projet de loi de finances initiale, qui n’était pas à la hauteur de ce que demandaient les Français. Au niveau de l’exécution des crédits, nous avons pu rappeler que près de 31,6 milliards d’euros – 36 milliards, a dit M. Patrick Hetzel – n’ont pas été dépensés. Nous avons également pu rappeler que les conditions d’examen du dernier PLFR en 2020 avaient été limitées et que les reports de crédits, massifs, posaient question quant aux méthodes et à la place donnée aux parlementaires dans cette prise de décision. Il est bien d’ouvrir les valves et de financer des aides d’envergure, mais il faut dépenser ces crédits avec raison et équité.

Nous avons été force de proposition au fil des années, et nous n’avons pas manqué à l’appel à la fin de l’année 2019, lors des discussions sur le projet de loi de finances pour 2020 et sur les différents PLFR.

Lorsque vous nous parliez d’aider les entreprises en difficulté, nous étions parfaitement en phase avec vous. Nous avons ensuite souhaité aborder le sujet du conditionnement des aides, et là, nos différences se sont fait entendre. Les entreprises françaises ont perdu 55 % de leur résultat net. Or, conséquence de votre politique, elles ont tout de même versé 51 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires. Vous avez donc trompé les Français et, en plus, manqué de courage et de fermeté. Si nous avions conditionné les aides, nous n’en serions pas arrivés là.

Cela étant dit, nous ne sommes pas surpris. Depuis le début de votre mandat, vous avez toujours été au chevet des plus fortunés. Leur fortune a d’ailleurs augmenté de manière inédite en 2020, là où la majorité des Français encaissaient une violente baisse de niveau de vie. Les riches prennent une part toujours plus grande du gâteau et ne laissent pas une seule miette aux autres s’engouffrent, eux, dans une précarité grandissante. Nos étudiants, nos aînés, nos personnes dépendantes, les plus précaires : tous ont vécu une année plus que difficile et ont souffert.

Vous ne reculez pourtant devant rien. J’en veux pour exemple votre refus de déconjugaliser l’allocation aux adultes handicapés (AAH), mesure qui vous aurait peu coûté et aurait rétabli un peu de dignité et d’espoir en période de crise sanitaire et sociale. Or, même sur une mesure aussi consensuelle, qui nous unissait sur tous les bancs de cette assemblée, vous avez fait reculer la solidarité.

Alors, mes chers collègues, si nous voulons sortir ensemble de cette crise, nous devons le faire par le haut. N’oubliez pas vos concitoyens, n’oubliez pas les petites et moyennes entreprises et ne leur coupez pas abruptement les diverses aides et prestations octroyées à titre exceptionnel. Faites le choix de mesures sociales, solidaires et écologiques ambitieuses. On demande toujours plus d’efforts à nos concitoyens, tout en refusant de faire participer les fortunés, les assurances ou encore les banques. Il faut changer de logiciel, il n’est pas trop tard pour effectuer ce tournant social, mais nous doutons que vous en soyez capables. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et FI.)

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Jean-Paul
Lecoq

Député de Seine-Maritime (8ème circonscription)

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