Expérimentation pour l’instauration d’un enseignement obligatoire d’éducation à l’alimentation à l’école (PPL)
Publié le 16 février 2026L’éducation à l’alimentation est un véritable enjeu de santé publique pour les générations futures. Face à l’augmentation du coût de la vie, l’alimentation est l’une des premières variables d’ajustement pour les ménages, ce qui a un impact majeur sur la santé de nos concitoyens et concitoyennes. Les foyers les plus modestes consomment davantage d’aliments ultratransformés, à l’origine de différentes pathologies, car ces aliments sont moins chers que les produits non transformés, plus sains. Aussi, selon l’assurance maladie, 20 millions de personnes en France présentent-elles des pathologies liées à l’alimentation.
Le présent texte propose une expérimentation de trois ans visant à instaurer une éducation à l’alimentation dans les établissements scolaires volontaires. Promouvoir dès le plus jeune âge le bien manger et les bénéfices liés à une alimentation saine est indispensable, et nous ne pouvons que soutenir cet objectif.
Cependant, cette proposition de loi présente deux écueils. Premièrement, l’éducation à l’alimentation ne permettra jamais à elle seule de corriger les inégalités sociales et territoriales en matière de consommation alimentaire. Dans les faits, les foyers les plus modestes cherchent déjà à s’alimenter de façon saine et équilibrée, mais leur faible pouvoir d’achat ne leur permet pas de le faire pleinement. Le texte ne propose pas de mesures clés visant à permettre aux foyers les plus modestes de mieux se nourrir.
Le deuxième écueil repose sur le choix d’un fonds abondé à la fois par l’État et par des dons privés pour soutenir financièrement la mesure. La mise en place de l’expérimentation devrait reposer uniquement sur la puissance publique, car la dépendance vis-à-vis d’acteurs privés risque d’affaiblir la soutenabilité du dispositif. Nous nous opposons à ce montage financier. La participation d’entreprises privées pourrait devenir une opération commerciale visant à soigner leur image publique alors que ces mêmes entreprises continueraient à commercialiser des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés.
Pour l’ensemble de ces raisons, le groupe GDR réserve sa position ; son vote dépendra de l’issue des discussions en séance. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – M. Gabriel Amard applaudit également.)