Interventions

Budget de l’Etat

PLF pour 2022 - Question sur le sport

Ma collègue Elsa Faucillon a cité les déclarations du Président de la République lors de la cérémonie en l’honneur des médaillés olympiques et paralympiques aux Jeux de Tokyo. Elles ont suscité de vives inquiétudes quant au futur modèle sportif français. Il s’agit de transformer le sport en une start-up vouée uniquement à la performance, laquelle se résumerait à l’obtention de médailles olympiques et paralympiques. Cela reviendrait à concentrer les moyens sur quelques athlètes et quelques sports dotés d’un haut potentiel de médailles, tandis que les autres seraient abandonnés, même si beaucoup de sportifs et sportives de haut niveau ont des revenus très modestes. Le modèle anglais inspirerait donc désormais la politique sportive de la France, avec un sport de haut niveau totalement autonome, concentré sur quelques disciplines.

Cette orientation est à l’opposé de l’unité du sport français que nous prônons, fondée sur un lien fort entre le sport professionnel et le sport amateur, entre le sport de haut niveau et les clubs de proximité qui irriguent nos territoires grâce à l’élan bénévole.
Nous n’avons pas la même conception de ce que doit être notre modèle sportif : nous le concevons comme un service public, à tous les degrés de performance. Or cela implique d’apporter une aide significative aux fédérations sportives et aux milliers d’associations locales.
Comment comptez-vous consolider le sport amateur ? Les moyens prévus dans le texte pour les sports sont certes en augmentation, mais une part non négligeable en est consacrée à la préparation des Jeux olympiques.
Comment l’État peut-il, sans ministère des sports de plein exercice continuer à développer une politique publique nationale en faveur du sport et garder un pouvoir d’animation et d’orientation, notamment pour développer la diversification des pratiques ou la féminisation ?

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée des sports.
Mme Roxana Maracineanu, ministre déléguée.

À trois ans de l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques en France, il est normal d’augmenter le budget du sport de haut niveau. Avant le mandat du Président de la République, environ 50 millions d’euros lui étaient consacrés ; avec l’amendement qui sera voté tout à l’heure, nous arriverons à 110 millions d’euros. Nous n’enlevons rien aux sportifs non médaillables : au contraire, nous renforçons les moyens pour assurer des médailles aux médaillés de Tokyo en 2024 et permettre à des sportifs qui s’entraînent durement de monter sur le podium, en leur accordant davantage de moyens et en leur proposant du sur-mesure.

Il ne vous aura pas échappé que par ailleurs, le budget alloué au développement du sport pour tous augmente aussi. J’ai cité les trois lois que vous avez votées – la majorité en tout cas – : elles ont renforcé les prérogatives du ministère des sports, afin qu’il fasse valoir une politique publique qu’il assume parfaitement.

J’entends sans cesse qu’il n’y a plus de ministère des sports, que ses prérogatives ont été transférées à l’ANS. C’est faux ! L’Agence fait ce que le ministère faisait avant. Les effectifs du ministère des sports n’ont pas diminué davantage que ceux des autres ministères : les chiffres que vous citez s’agissant des CTS concernent tous les ministères du Gouvernement. Notre effectif en ressources humaines est stabilisé, au service des fédérations et d’un ministère des sports qui a trouvé une vocation très utile et pertinente en se rapprochant du ministère de l’éducation nationale. C’est un mouvement inédit. Au début du quinquennat, c’était un ministère de plein exercice. Par la volonté du Président de la République, conformément à mon souhait assumé, il a été rapproché du ministère de l’éducation nationale pour créer un service public du sport, au service de l’éducation de nos enfants, dès leur plus jeune âge, dans l’esprit hérité des Jeux olympiques.

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André
Chassaigne

Président de groupe
Député du Puy-de-Dôme (5ème circonscription)

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