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Lettre des députés

Non, la paix ne sera jamais au bout des canons

Edito de Stéphane Peu

Après les déclarations choquantes du chef d’état-major des armées au Salon des maires nous avions demandé que l’Assemblée nationale puisse s’exprimer au travers d’un débat sur les orientations de la France en matière militaire. Et surtout sur sa nécessaire implication diplomatique pour trouver enfin une solution politique à la guerre en Ukraine.

En lieu et place, Sébastien Lecornu a inscrit à l’ordre du jour un débat sur « la stratégie de défense nationale ». Une façon pour lui d’obtenir un vote symbolique sur sa stratégie et celle d’Emmanuel Macron à l’heure où les dépenses prévues dans leur budget initial n’ont pu être débattues. Un budget en hausse qui s’élève au total à 57,1 milliards d’euros pour 2026 et vient ancrer la France dans une économie de guerre.

Aucun des budgets qui font pourtant l’avenir de notre pays n’ont fait l’objet d’un tel traitement : ni l’éducation, ni la santé, ni non plus la transition écologique. Sous l’effet d’une trajectoire qui doit porter les dépenses militaires à 5% du PIB en 2030, les dépenses pour l’école seront releguées derrière celles de l’armée dès 2027. Un ordre des priorités qui en dit long sur l’horizon collectif que veulent offrir à notre pays le Président de la République et le Gouvernement.

Nous sommes porteurs d’un autre projet de société que nous avons fait valoir avec force tout au long des débats budgétaires qui ont occupé l’Assemblée nationale depuis la rentrée parlementaire. Tout comme, le 10 décembre, au nom d’une autre orientation de civilisation, nous avons répondu non à la question qui nous était posée : « Approuvez-vous le principe d’une augmentation du budget de la Défense pour soutenir une montée en puissance plus rapide de nos forces armées dès 2026 ? ».

S’il est des budgets qui doivent être augmentés en priorité, ce sont ceux pour nos écoles, nos hôpitaux et nos services publics. Redonner à la France « sa force d’âme » ce n’est pas être prêts à perdre nos enfants mais refuser la voix belliciste tout en oeuvrant à avoir un peuple éduqué, instruit, formé et qui fait nation.

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