Contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire croire, l’approbation des comptes de l’État ou de la sécurité sociale n’est pas une opération purement technique. Le budget de l’État sert en effet à décliner des politiques publiques qui ont des conséquences pour nos concitoyens. Or quelle est la réalité du pays ? C’est celle d’un pays riche mais qui, avec 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, voit les inégalités croître en son sein tandis que les ultrariches, eux, voient leur patrimoine enfler d’année en année ; c’est celle d’une industrie qui ne s’est pas relevée, contrairement aux fables de la politique de l’offre, et dont la part dans la valeur ajoutée est passée de 14,3 % à 12,7 % ; c’est celle de services publics qui souffrent plus que jamais – dans l’éducation, la santé, la sécurité ou la justice –, sans parler du véritable abandon de nos territoires ultramarins. Voilà quelles sont les traductions concrètes des choix budgétaires qui ont été faits depuis de trop nombreuses années !
Nous avions plaidé, lors des débats budgétaires, pour des choix différents. Il s’agissait de réinternaliser une partie de la dette par la création d’un circuit du Trésor européen ; de financer des investissements, notamment dans la transition écologique, par le fléchage de l’épargne des Français, de plus en plus abondante à mesure que grandit leur inquiétude ; de remettre en ordre notre système fiscal en le rendant plus juste grâce à la fameuse taxe Zucman sur les plus hauts patrimoines ; de conditionner les 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises documentées par l’excellent rapport sénatorial de Fabien Gay, aides qui ont quadruplé en vingt ans et qui profitent d’abord aux multinationales et non aux artisans ou aux PME ; d’augmenter les salaires et les pensions, à commencer par les plus basses, pour la relance du pays.
Alors que le retour des empires et des conflits sur la planète est avéré, il faut redonner confiance au peuple en lui promettant non du sang et des larmes, mais le respect de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.
Les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine rejetteront donc les comptes de l’État pour 2025 et adopteront cette motion de rejet. Vous nous entraînez dans une impasse dont il est temps de sortir par le retour des nouveaux jours heureux afin de porter une nouvelle France (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) de la prospérité et de la concorde. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes GDR et LFI-NFP. – M. Jean-Claude Raux applaudit également.)
Discussions générales
Résultats de la gestion et approbation des comptes de l’année 2025 (motion de rejet préalable)
Publié le 9 juin 2026Partager :
Nicolas
Sansu
Député
de
Cher (2ème circonscription)