SANOFI : l'intersyndicale et les députés décident d'actions conjointes

par Chassaigne André

Pour faire suite à la table ronde qui s'est tenue à mon initiative à l'Assemblée nationale, le 15 février dernier, sur "L'avenir de l'industrie du médicament en France", j'ai à nouveau réuni ce mardi 21 mars, avec d'autres collègues députés, les représentants de l'intersyndicale du groupe. Cet échange a permis d'analyser les réponses apportées par la direction du groupe Sanofi durant la table ronde mais aussi de définir les actions à conduire pour relayer le combat des salariés de Sanofi.
Les syndicats ont une fois de plus confié leurs inquiétudes quant à l'avenir du groupe, la direction ne donnant aucune information aux instances représentatives sur sa stratégie économique et les restructurations en préparation. La question de la pérennisation de l'activité chimie de Sanofi reste toujours posée, comme celle de l'empreinte industrielle de Sanofi en France.
La stratégie de "vente à la découpe", guidée uniquement par l'objectif d'accroître la forte rentabilité financière du groupe, laisse craindre un démantèlement de Sanofi en France, avec à la clé des suppressions importantes d'emplois, voire l'abandon de plusieurs sites de production, notamment ceux de Vertolaye (Puy-de-Dôme) et Elbeuf (Seine-Maritime).
Outre cet enjeu et ses graves répercussions locales, il s'agit d'un sujet d'intérêt général, car la question est bien celle de la capacité de notre industrie pharmaceutique à produire des médicaments pour la santé de nos concitoyens. Ce risque sanitaire ne peut être détaché de l'enjeu industriel.
C'est dans ce contexte que nous avons décidé de poursuivre nos actions communes, associant parlementaires et organisations syndicales, afin d'interpeller à nouveau la direction du groupe et d'impliquer les pouvoirs publics :
- Les députés concernés ont décidé d'exercer un droit de suite au nom de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale en demandant à la direction du groupe qu'elle précise ses intentions.
- Une délégation associant députés et intersyndicale rentrera début avril Christophe Sirugue, Secrétaire d'Etat chargé de l'industrie, pour évoquer la situation et l'alerter sur les conséquences industrielles des restructurations envisagées.
J'ai aussi proposé la mise en place, dès l'ouverture de la prochaine session parlementaire, d'une commission d'enquête parlementaire. Elle sera chargée de faire toute la transparence sur le devenir du groupe Sanofi et de l'industrie pharmaceutique française. Ses pouvoirs d'investigation lui permettront notamment d'obtenir toutes les informations sur les choix stratégiques et financiers du groupe conditionnant l'avenir des sites de production. Au regard des liens étroits entre la santé publique et la production du médicament, elle émettra des recommandations pour que la France conserve sa souveraineté sanitaire.
Enfin, sur les territoires concernés, des actions locales seront conduites à l'initiative des salariés et de leurs représentants pour la préservation des sites et des emplois. L'objectif recherché est d'associer très largement la population et les élus locaux. L'avenir d'un site Sanofi doit être l'affaire de tous.