Réaction : Conférence de presse de Sarkosy

par Bocquet Alain

Nicolas Sarkozy est un Président de la République qui tient ses promesses. Celles bien sûr faites aux milieux d'affaires, aux marchés boursiers et à l'actionnariat du CAC40, et renouvelées en août dernier lors de l'Université d'été du MEDEF, voici à peine un mois.
Sur la "stratégie sociale du gouvernement", c'est un discours pour la forme qu'a prononcé aujourd'hui l'hôte de l'Elysée, car l'ensemble des politiques mises en œuvre depuis quatre mois parle pour lui. Aux quinze milliards de cadeaux fiscaux, d'exonérations et d'allègements tous azimuts consentis aux catégories les plus riches, se sont ajoutés le mépris opposé fin juin, à l'exigence de revalorisation du SMIC horaire cyniquement "réévalué" de 0,70 euro le 1er juillet, ou l'augmentation de 4 euros d'une prime de rentrée scolaire dont le pouvoir d'achat est en recul au détriment des familles.
En panne de croissance, et plombée par un déficit extérieur galopant et le gonflement de la dette publique, la situation de l'économie française n'a rien à attendre de la fuite en avant dans l'ultralibéralisme et la rigueur que pratique et promet de renforcer encore en 2008, Nicolas Sarkozy.
Le vrai projet du Président de la République qui s'apprête à supprimer 22.000 emplois supplémentaires de service public, ce n'est pas comme il l'affirme avec aplomb, de "mettre le travail au centre", mais c'est de mettre le profit au sommet!
Et pour cela tout est bon : de la casse des services et des entreprises publics (on l'a vu avec son reniement pour Gaz de France), au démantèlement du code du travail; de l'éradication des droits des salariés à l'implosion des systèmes solidaires des retraites ou de protection sociale et de santé.
Comment le Président de la République peut-il parler d'un "trop- plein de droits" des salariés ou d'une prétendue "accumulation de protections" entourant le contrat de travail ? Avec plus de quatre millions de demandeurs d'emploi, avec l'explosion de la précarité, avec le maintien des inégalités au travail, des femmes et des hommes, avec des dizaines de milliers de jeunes sortant chaque année du système scolaire sans qualification, avec le temps partiel imposé... la France a bien d'autres priorités d'actions à mettre en œuvre que la chasse renforcée aux demandeurs d'emplois et aux pauvres promise par Nicolas Sarkozy, après la chasse aux immigrés.
Les coups de chapeau démagogiques à certaines catégories du monde du travail ne doivent pas faire illusion. Car le discours autoritaire du Président de la République parlant "d'harmoniser les régimes de retraite" pour mieux diviser le monde du travail, dépecer les droits acquis et porter très vite davantage atteinte au droit à la retraite de tous, n'apporte qu'une confirmation : l'immense majorité des Français, qui d'ailleurs en prennent de plus en plus conscience, n'a rien à attendre de l'ultralibéralisme prôné par Nicolas Sarkozy. L'heure est à la mobilisation unie et offensive des salariés du public et du privé, des précaires, des demandeurs d'emploi et de la jeunesse pour dire NON aux privilèges, à l'exploitation et à la liquidation du modèle social français; OUI à l'utilisation de la richesse considérable que produit en France le travail des hommes, pour la reconnaissance des attentes prioritaires du pays, la justice sociale, le progrès partagé et la dignité de tous.