Questions sur le financement des grandes infrastructures

par Peu Stéphane

La Seine-Saint-Denis, promise à la médaille d’or des infrastructures au moment du dépôt du dossier de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024, ne va-t-elle finalement obtenir qu’une médaille en chocolat ? Ce département, déjà grand oublié de la République, sera-t-il, une fois de plus, le dindon de la farce dans un dossier capital pour son aménagement et son devenir ? Le « 93 » n’aura-t-il été qu’un alibi social destiné à faire joli pour séduire le Comité international olympique ?

Le rapport de l’Inspection générale des finances – IGF –, qui a été remis à l’État et vient d’être rendu public, laisse craindre un tel scénario. En effet, les préconisations de l’IGF concentrent sur la Seine-Saint-Denis les économies à réaliser pour rester dans les clous budgétaires. Le temps manque ici pour énumérer toutes les pistes évoquées, mais certaines cristallisent particulièrement les inquiétudes.

C’est le cas du centre nautique olympique, qui doit voir le jour face au Stade de France. Les rapporteurs vont jusqu’à suggérer d’en faire une piscine provisoire, alors que la Seine-Saint-Denis compte un nombre record de jeunes ne sachant pas nager, et manque cruellement d’équipements.

De même, les rapporteurs suggèrent de raboter à l’avance l’héritage des Jeux olympiques du côté de Dugny, Le Bourget et La Courneuve, là où sera édifié le village des médias. Ils proposent de diviser par trois le nombre de logements qui seront livrés après l’événement et de supprimer une liaison, longtemps attendue, entre la ville de La Courneuve et son parc paysager, qui en est actuellement séparé par une autoroute qui empêche les Courneuviens d’y accéder.

Ce rapport sacrifie à une pure logique comptable l’ambition du projet Paris 2024 et ne prend pas en compte le post-olympisme, l’héritage des Jeux olympiques pour les habitants de ce département. Le Gouvernement, madame la ministre des sports… Pardon, madame la secrétaire d’État : vous n’êtes ni ministre des sports ni ministre des transports… (Sourires.) Le Gouvernement, disais-je, compte-t-il suivre cette direction ?

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d’État.

Mme Brune Poirson, secrétaire d’État. Vous l’avez dit vous-même, monsieur Peu, je ne suis ni la ministre des transports ni la ministre des sports, à laquelle vous paraissiez vouloir vous adresser. J’aurais aimé ressembler à Laura Flessel, mais ce n’est malheureusement pas le cas (Sourires), et je n’ai certainement pas les mêmes compétences qu’elle. De fait, la question que vous avez posée lui est surtout destinée ; je n’ai donc pas de réponse précise à vous donner.

La seule chose que je puis vous dire, c’est que lorsqu’une ville organise les Jeux olympiques, l’objectif est de faire en sorte que les bénéfices qu’elle en tire irriguent l’ensemble d’un territoire et même du pays. C’est à cet objectif que commencent à s’attacher, non seulement le Gouvernement, mais aussi l’ensemble des parties prenantes.

Comme vous le savez, si les villes entrent souvent en compétition pour organiser cet événement, c’est parce qu’il permet aussi de relancer une dynamique territoriale, parfois en faveur de quartiers défavorisés, de mieux intégrer les populations au reste de l’espace urbain et de leur donner un meilleur accès aux services publics.

C’est dans cet esprit que le Gouvernement travaille activement à la préparation des Jeux olympiques, avec l’ensemble des acteurs concernés.