Question sur action de l'Etat en Seine-Saint-Denis

par Buffet Marie-George

Tout d’abord, la Seine-Saint-Denis ne demande pas la charité. Je veux même inverser mon propos : la Seine-Saint-Denis est pleine de richesses, pleine d’énergie, pleine de connaissances, pleine de culture et d’initiatives. C’est cela, la Seine-Saint-Denis ! Quand on traverse nos villes, on y voit quantité d’initiatives. L’enjeu est donc que la France assure à ces populations tous leurs droits pour que cette richesse profite à tout notre pays, que les jeunes de la Seine-Saint-Denis aillent enseigner demain dans toutes les régions de France, avec leurs connaissances et leurs qualités : voilà ce que nous demandons !

Je prendrai l’exemple de la pratique sportive. On se félicite de tel champion dans telle ville de la Seine-Saint-Denis, de telle championne dans telle autre ville de ce département, mais sait-on dans quelles conditions s’y effectuent les heures d’EPS – éducation physique et sportive – en classe ou la pratique sportive en club ? Avec 16 équipements sportifs pour 10 000 habitants contre 46 en moyenne en France, il y a un réel problème d’accès à la pratique sportive, qui est pourtant un droit.

J’ai entendu le Président de la République dire hier soir, dans le débat, qu’il n’était pas content de ce que faisait le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques – COJO. Or celui-ci fait très bien son travail ! Il est très attentif aux besoins des élus mais il n’a pas pour vocation d’élaborer le plan de rattrapage de la Seine-Saint-Denis en matière d’équipements sportifs : c’est au Gouvernement de l’impulser en liaison avec les collectivités locales. Nous avons besoin d’un vrai plan de rattrapage, comme nous avions obtenu il y a quelques années un beau plan de rattrapage pour l’école, qui avait vraiment donné un essor à l’éducation nationale en Seine-Saint-Denis.

Ce qui est vrai pour la pratique sportive en général est encore plus vrai pour l’apprentissage de la natation. Je me tourne donc vers M. le ministre pour une question précise : pourquoi, alors que l’apprentissage de la natation se fait pendant le temps scolaire, l’éducation nationale ne participerait-elle pas à la rétribution des maîtres nageurs sauveteurs ? Cela aiderait beaucoup les communes. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse.
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. Merci pour cette question portant sur le sport dans son lien avec l’éducation. Nous avons souvent eu l’occasion de parler de cela concernant plusieurs endroits de la Seine-Saint-Denis. Vous avez signalé, monsieur Ramadier, la présence dans les tribunes ce soir du président du conseil départemental : c’est aussi une belle illustration des tendances positives à l’oeuvre.

Je vous remercie pour ce que vous avez dit en commençant parce que ceux qui connaissent et aiment la Seine-Saint-Denis savent très bien que l’on peut raconter plusieurs Seine-Saint-Denis, qui seront toutes exactes, les unes et les autres. On peut raconter une Seine-Saint-Denis de la difficulté, de l’inégalité et de la discrimination, et on aura raison, mais on peut raconter également une Seine-Saint-Denis du succès, de la réussite, de l’égalité républicaine, de grandes ascensions sociales, et on aura raison aussi. Il est important de le dire parce que c’est aussi en insistant sur ce deuxième aspect que l’on enclenchera des cercles vertueux.

Je pourrais vous parler des heures – peut-être un peu moins que vous, parce que vous la connaissez encore mieux que moi – de cette Seine-Saint-Denis qui réussit. Hier encore j’étais dans un collège de Seine-Saint-Denis – je le dis devant le président du conseil départemental, qui a beaucoup investi dans les collèges ces dernières années – avec Tony Estanguet, la ministre des sports et celle du handicap. Nous avons célébré la semaine olympique et paralympique dans un établissement très bien équipé pour le sport, avec des élèves très bien entraînés.

À la rentrée prochaine nous pourrons annoncer des classes à horaires aménagés en Seine-Saint-Denis. Je sais que c’est quelque chose qu’attend le président du conseil départemental, comme beaucoup d’acteurs de Seine-Saint-Denis. C’est un progrès pour la Seine-Saint-Denis.

La ministre des sports Roxana Maracineanu fait du savoir-nager sa priorité. Nous avons des projets en commun pour utiliser au mieux les équipements sportifs existants, notamment en début d’année, puisqu’on ne construira pas des dizaines de piscines en un rien de temps : c’est par la conception du temps que nous réussirons à rendre ce savoir-nager particulièrement présent en Seine-Saint-Denis, puisque 50 % des élèves de ce département y échappent aujourd’hui.

Ce travail conjoint existe. On progresse, depuis un certain nombre d’années, sur chaque critère. Notre stratégie est très reliée aux Jeux olympiques. La Seine-Saint-Denis est très bien placée dans cette dynamique.