PLF 2018 - Sécurités (commission élargie)

par Peu Stéphane

M. Stéphane Peu : Au nom des membres du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, je me félicite de ce budget en hausse, même s’il l’est nettement moins que ceux des années précédentes.

Je me réjouis par ailleurs de voir apparaître dans le bleu budgétaire, à hauteur de 20 millions d’euros, les crédits de paiement nécessaires à la réalisation du siège de l’Institut national de la police scientifique, dans ma ville de Saint-Denis. La ville a d’ailleurs apporté son concours à ce projet, en fournissant le terrain.

On ne comprend pas bien, s’agissant des effectifs de police, la ventilation des crédits entre la police de sécurité publique et les autres forces, parmi lesquelles la police judiciaire. L’aspiration de nos concitoyens à la sécurité est aussi une aspiration à voir « du bleu dans la rue », si je puis me permettre cette expression, donc à ce que les forces de sécurité publique soient en plus grand nombre. Or, dans ce budget, leurs crédits baissent au profit des autres forces – de police aux frontières et de police judiciaire. J’y vois une contradiction avec la notion de police de sécurité du quotidien qui a été annoncée et dont on ne voit d’autant moins la traduction concrète dans ce budget que les effectifs de sécurité publique diminuent.

S’agissant de la répartition territoriale de nos forces, l’indicateur EFDA (effectif départemental de fonctionnement annuel) est-il suffisant alors que les disparités d’effectifs entre les territoires sont grandes ? L’Assemblée nationale vient de créer une mission d’évaluation et de contrôle des missions régaliennes de l’État – police, justice et éducation – en Seine-Saint-Denis. Nous y verrons donc un peu plus clair, d’ici à quatre mois, quant aux disparités territoriales en matière de sécurité publique.

M. Gérard Collomb, ministre d’État : Je me félicite également, comme Stéphane Peu, que nous ayons un bel établissement dans sa commune. Pour connaître Saint-Denis et y être allé quelques fois, je pense que les problèmes ne se règlent pas seulement par les décisions que nous prenons ici en matière de sécurité, mais aussi grâce au renouveau économique et urbanistique. Changer une société suppose de mener une action globale. Même en augmentant les moyens des forces de sécurité, on ne pourra résoudre les problèmes de ce territoire que si l’on mène une action d’ensemble.