Notre-Dame de Paris : l’État doit prendre ses responsabilités

Hier, dans la soirée, la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, qui compte parmi les chefs d’oeuvre architecturaux de notre pays, a été ravagée par les flammes. L’effroyable incendie de ce joyau patrimonial a suscité une émotion planétaire et plongé l’immense majorité de nos compatriotes dans le désarroi et l’affliction.
Ce drame vient rappeler l’importance et la fragilité de notre patrimoine, qui constitue le bien commun de tous les Français, par-delà leurs convictions religieuses ou politiques. L’urgence est aujourd’hui de reconstruire Notre-Dame.
Depuis hier, les appels aux dons se multiplient et le Président a annoncé la mise en place d’une souscription nationale pour rebâtir la cathédrale ravagée. Si nous saluons l’élan de générosité des Français, qui aspirent à participer au sauvetage de ce monument emblématique, cela ne saurait suffire. L’État doit prendre ses responsabilités. Cela fait des années que les associations de protection du patrimoine déplorent, en effet, l’insuffisance du budget des monuments historiques et ses conséquences sur la protection et la préservation de notre patrimoine. Le terrible incendie survenu hier soir doit être l’occasion d’une prise de conscience collective de la nécessité pour l’État de porter une attention renouvelée à la protection de notre patrimoine et d’éviter l’écueil d’une privatisation à marche forcée de la politique patrimoniale
de notre pays. Nous attendons en conséquence du gouvernement qu’il annonce, dans les prochaines semaines, un programme de réfection de Notre-Dame à la hauteur des besoins, afin que les délais nécessaires à la réalisation des travaux ne soient pas soumis au seul bon vouloir des donateurs. Au courage dont les pompiers ont su faire preuve pour éviter que Notre-Dame ne s’effondre et sauver des oeuvres d’art inestimables, doit succéder un volontarisme sans faille des pouvoirs publics.