L'alternance n'est pas de gauche

par Muzeau Roland

A moins de six semaines du premier tour de la présidentielle, la guerre des sondages va-t-elle se substituer au nécessaire débat sur les mesures à prendre pour sortir le pays de la crise et répondre aux besoins de l'immense majorité de nos concitoyennes et concitoyens ?
Les dernières études réalisées respectivement par l'Ifop et Tns-Sofres n'ont, pas plus l'une que l'autre, bouleversé la donne. Dans l'une comme dans l'autre, Nicolas Sarkozy est donné largement battu par la gauche au second tour, et c'est tant mieux !
Même si les sondages ne font pas le vote, rien ne sert pour autant d'en tordre les résultats, sauf à vouloir trahir les légitimes espoirs de toutes celles et tous ceux qui souhaitent le changement. La preuve en a, malheureusement et magistralement, été administrée ce matin par le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, sur une radio nationale. A l'unisson d'autres dirigeants du PS et de François Hollande lui même, Jérôme Cahuzac a appelé les électeurs à faire, dès le 22 avril, "un choix qui permet l'alternance". Ce faisant, il a du même coup mis en évidence les dangers de ce chantage au vote utile! Ce n'est pas d'alternance dont ont besoin nos concitoyens et concitoyennes, mais d'une véritable alternative portée par une gauche bien à gauche. C'est justement toute l'utilité du vote Front de gauche aux élections présidentielle et législatives.