Droits du Parlement : la forfaiture

par Muzeau Roland

Le débat engagé depuis mardi 13 janvier sur le projet de loi organique modifiant le droit d’amendement est particulièrement révélateur des forfaitures dont la droite peut se rendre coupable.
Il met en évidence, comme jamais, la duplicité de ceux qui ont défendu la modification de la Constitution en juillet dernier. La droite avait alors multiplié les déclarations dithyrambiques vantant les progrès futurs de la démocratie parlementaire. On voit aujourd’hui ce qu’il en est. La duplicité de la majorité est tellement caricaturale qu’elle apparait aux yeux de beaucoup.
Nous sommes, en effet, engagés dans une voie où les députés, élus par le peuple, auraient pour obligation beaucoup plus de se taire que d’exprimer les attentes des populations. Toute la procédure parlementaire en serait verrouillée. C’est très préoccupant pour les libertés élémentaires des citoyennes et des citoyens.
Mais n’oublions pas qu’au Congrès de Versailles, l’opposition résolue de nombreux parlementaires, en particulier des parlementaires communistes, avait fait mentir les sondages qui annonçaient une approbation très majoritaire de la modification de la Constitution. Les pronostics ont été démentis. La nouvelle Constitution n’a été adoptée qu’à une voix de majorité et encore par le biais d’inavouables et nombreux marchandages.