CMP Nouveau pacte ferroviaire

par Wulfranc Hubert

La droite a parlé à la droite et nous voici devant une loi adoptée par une majorité libérale.

Votre crédibilité de l’extrême centre – ni de gauche ni de droite – a, une nouvelle fois, explosé en vol entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Le Gouvernement et la majorité ont joué à outrance de l’Europe libérale comme ils sont en train de le faire pour les barrages hydrauliques au détriment d’EDF.

Votre crédibilité dans la défense de l’intérêt national s’est affaissée sous le coup de l’écartèlement des services publics du transport et de l’énergie. Votre gouvernement et votre majorité ont désolidarisé financièrement l’entreprise de la nation sans qu’aucune garantie soit gravée dans le marbre. Votre crédibilité en tant que responsable d’un État stratège en matière d’économie et d’aménagement du territoire s’effondre et laisse les élus locaux et les citoyens usagers livrés aux appétits du secteur privé.

Le Gouvernement et la majorité enfoncent un statut de très haut niveau pour les salariés – très haut niveau de droits, mais aussi de devoirs en matière de services rendus à nos concitoyens. Votre responsabilité sociale est à l’agonie après les ordonnances réformant le code du travail désastreuses pour les salariés et avant la réforme des prestations sociales et des retraites.

Votre gouvernement et votre majorité font le terrible choix en creux du tout routier que vous ne cessez de privilégier. Votre crédibilité environnementale est désormais proche de zéro.

En quelques semaines, vous avez entrepris la démolition systématique du modèle social et économique de notre pays, en matière de logement hier, et en matière de transport, aujourd’hui.

Si vous me le permettez, je conclus par une incise d’ordre portuaire. Il existe encore dans nos vastes et incertains territoires portuaires un salarié qui a résisté à la conquête libérale. Il s’agit du lamaneur – j’imagine qu’ici, chacun connaît le métier du lamaneur.

Ce salarié exerce un métier hautement qualifié : c’est lui et lui seul qui procède à l’amarrage et à l’appareillage des bateaux dans les ports, de tout temps et en tous lieux. Il a résisté à la casse de son statut et à la privatisation de son métier lors de la réforme du statut des dockers. Sachez que les cheminots, encore aujourd’hui, entendent rester les lamaneurs du fer dans l’intérêt de l’outil de travail, de la nation, de l’aménagement du territoire, de la mobilité accessible, et de la sécurité intransigeante des usagers.

La loi n’est qu’un état des rapports de forces sociales. Sachez que vous nous retrouverez sur votre chemin ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe et NG.)