Budget : loi de finances 2008

par Sandrier Jean-Claude

Monsieur le Président, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, Chers Collègues,

Un des plus grands économistes français a écrit récemment «Nous avons à faire à un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d’utile de ses milliards, qui n’investit guère, qui ne prépare pas assez l’avenir.

L’argent coule à flots -ajoute-t-il- et alimente plutôt la voracité des investisseurs, dans une course aux rendements financiers à court terme»

Voilà ce qu’écrit P. Artus.

Voilà dans quoi vous inscrivez toute votre politique.

Voilà pour quoi vous passez des heures de discussions budgétaires, pour gratter à chaque minute une exonération de cotisations sociales par ci -dont la Cour des Comptes nous dit que 80 % ne servent pas à l’emploi-, un allègement de l’ISF par là, pour soi-disant empêcher que les capitaux partent alors même que vous ne faîtes rien contre le scandale des paradis fiscaux !

Vous nous proposez de poursuivre ce que vous avez fait depuis 5 ans : C’est à dire encore plus de cadeaux, d’exonérations en tout genre. Mais quel bilan avez-vous qui justifierait de continuer dans cette voie ?

·                     Vous avez fait passer la croissance de 2,2 % à 1,8 %,

·                     Vous avez fait augmenter la dette de 8 points,

·                     Vous avez accru la précarité du travail de 20 %,

·                     Vous avez creusé les inégalités

-                               0,01 % des Français ont vu leurs revenus augmenter de  42,6 %  et pour 90 %, ils n’ont augmenté que de 4,6 %.

·                     Martin Hirsh déclarait récemment : le record du nombre de pauvres dans notre pays vient d’être battu dans l’indifférence de « tous » (12,1 % de la population).

Le voilà votre bilan.

Alors, oui, il y a une chose que vous avez réussie :

En 4 ans les dividendes des entreprises du CAC 40 ont augmenté de   70 % (les salaires seulement de 6,6 %).

Alors la rupture, où est-elle ?

C’est celle qui existe et se creuse entre la France du fric et de ses privilèges et la France qui n’a que son travail pour vivre !

La voilà la rupture.

Si nous vous laissons faire, ce budget n’est qu’un modeste avant-goût de ce qui attend la majorité de nos concitoyens demain. La facture est déjà prête :

·                     Hausse de TVA et CSG,

·                     Franchise médicale,

·                     Baisse des subventions aux collectivités locales,

·                     Poursuite de la vente du patrimoine national,

·                     Attaques contre les retraites et l’assurance maladie.

Voila l’arsenal prévu pour continuer à faire grossir les capitaux dont une grande partie a un rôle de parasite.

Ainsi aujourd’hui la sphère globale de la finance pèse 3 fois plus lourd que le PIB mondial et les ¾ ne sont pas investis dans la production.

En France, c’est exactement pareil ! C’est un gaspillage gigantesque qui se fait au détriment de l’activité économique, du développement durable et du progrès social.

Oui, une autre politique est possible !

Il faut juste un peu de courage pour résister, oui résister, à ces prédateurs financiers, ces privilégiés qui engraissent leur fortune avec le travail des autres !

Oui ce qui compte pour l’Humanité ce n’est pas le rendement financier et les stock-options de quelques-uns ce qui compte c’est le rendement humain ! C’est à dire le progrès social !

La seule, la vraie richesse réside dans le développement des capacités humaines et donc l’Education Nationale, la Recherche, le Pouvoir d’Achat, l’Emploi, la Santé, cela demande dans le même temps de pénaliser la spéculation financière, les paradis fiscaux, le dumping fiscal et social.

Oui l’argent coule à flots et il est de notre devoir de dire les mesures permettant d’empêcher que ce monde financier continue de faire reculer progrès social et justice :

·                     Taxer à 0,5 % les actifs financiers : 17 Milliards d’Euro

·                     Taxer les revenus boursiers

au même taux que les salaires :         

13 milliards d’Euro

·                     Avec les 27 milliards d’Euro affectés

aux exonérations sociales, créons un

fonds national permettant

un crédit sélectif pour les PME

·                     Multiplions par 2 l’ISF :                               

4 milliards d’Euro

·                     Mettons plus de progressivité

dans l’Impôt sur le revenu, qui est le plus juste, tout en réduisant la TVA

Rémunérons plus le travail que les dividendes et nous aurons alors plus de pouvoir d’achat, plus de consommation, plus d’investissements, plus de croissance et donc un progrès social rendu à nouveau possible.

Ce n’est pas votre choix, c’est pourquoi les sensibilités Communistes, Verts et Ultra-marines du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine voteront contre votre projet de budget pour 2008